Présentation

Présentation
Je souhaite créer ce blog pour mettre un terme au tabou des maternités précoces. La maternité précoce en France, c'est 10 000 adolescentes qui tombent enceintes chaque année dont 2500 qui gardent leur enfant. Sur ces 2500 jeunes femmes, beaucoup sont en situation de précarité, beaucoup ne sont plus scolarisées, beaucoup sont célibataires, beaucoup auront du mal à s'en sortir... Les adultes qui croisent une jeune femme enceinte ou jeune mère supportent difficilement les choix de celle-ci. C'est donc d'autant plus compliqué pour une jeune adolescente d'élever un enfant dans un monde où tout lui est hostile. Bien que de nos jours, de nombreux progrès ont été fait pour venir en aide aux jeunes parents, il reste à en faire sur le plan de la compréhension.

Premièrement, une grossesse adolescente ne présente pas plus de risques qu'une grossesse plus mûre. La particularité des grossesses précoces est que ce sont des grossesses peu ou pas suivies parce que les futures jeunes mamans ont parfois du mal à avouer leur état à leur famille ou même s'en cache complètement pour éviter d'affronter une réalité désirée mais redoutée. On dénombre un plus grand taux de bébés prématurés et de bébé de petit poids sans être sûr que ce soit en rapport avec l'âge de la mère. Le comportement de ces jeunes mamans sont sûrement bien plus en cause, et on trouverait sûrement autant de bébés prématurés ou de petite taille chez des femmes plus âgées si elles menaient une situation de vie inadéquate à leur état (on retrouve ces chiffres chez les femmes d'âge « mûr » en situation de précarité).

Deuxièmement, les difficultés éducatives et affectives que peuvent rencontrer les jeunes mères ne sont là aussi pas plus élevées que la moyenne générale. En effet, une jeune femme bien entourée et aidée convenablement n'a aucune raison de délaisser, négliger ou encore maltraiter son enfant. Cela dit, on dénombre une moyenne plus importante de négligence ou délaissement maternels chez les jeunes mamans du fait de leur situation de précarité sociale et psychologique.

SOUTENEZ LE PLANNING FAMILIAL : infos sur la fin de la pétition :
140 000 signataires ont permis que l'Etat reconsidère la question des subventions du Planning Familial. Il n'y aura donc aucune réduction de subvention dans l'immédiat.
Merci à tout ceux qui ont soutenu.

Pour celles que ça intéressent, j'ai besoin d'infos vécues sur la maternité précoce ! Un questionnaire vous attend à la page 25 !! N'hésitez pas à y participer !! Vous m'aiderez beaucoup !!

# Posté le samedi 08 mars 2008 05:28

Modifié le lundi 15 juin 2009 10:58

Fonction de ce blog

Fonction de ce blog
Ce blog a pour but d'informer. Il n'est pas question ici d'être pour ou contre les maternités précoces. C'est un débat tellement subjectif et personnel que je ne me permettrais pas de mettre mon avis dans ce blog.
Seront mis en ligne :
1) Les études menées sur la maternité adolescente
2) Les témoignages de jeunes mamans, de parents ayant eu un enfant devenu mère ou père très tôt...
3) Des infos générales sur la grossesse, l'accouchement, l'allaitement, l'éducation...

Les commentaires sont les bienvenus à condition qu'ils aillent dans le sens de ce blog. C'est à dire pas de commentaires désobligeants, méchants ou méprisants.

Si vous voulez participer à ce blog, merci de m'envoyer un message perso !

Forum associé : http://materniteadolescente.forumdediscussions.com, n'hésitez pas à venir discuter !

Sommaire :

Page 1 :
-Fonction du blog
-Mon parcours personnel
-Définition de "mère adolescente"
-Le désir d'enfant à l'adolescence

Page 2 :
-Fécondité adolescente
-Les signes de grossesse
-Test de grossesse
-Dosage hCG
-Etude sur le choix de garder ou non l'enfant

Page 3 :
-Etude sur la vie conjugale des mères adolescentes
-L'avortement
-Déroulement d'une IVG
-Historique de l'avortement en France
-Connaître son corps

Page 4 :
-Que signifie être majeur ou mineur ?
-La majorité matrimoniale
-La majorité sexuelle
-L'émancipation
-La reconnaissance de l'enfant

Page 5 :
-L'autorité parentale
-Les hormones de la grossesse
-L'Aide sociale à l'enfance
-Les prestations de l'ASE
-ASE : allocation mensuelle

Page 6 :
-ASE : déroulement de l'admission aux prestations
-ASE : les différentes formules d'accueil
-ASE : comment se passe la fin de prise en charge ?
-L'utilité de l'ASE pour les mères ados
-Témoignage de Déborah, maman à 15 ans.

Page 7 :
-L'accouchement sous X
-Accouchement sous X : recherche des parents
-L'adoption
-Le déni de grossesse
-Témoignages de déni de grossesse

Page 8 :
- Lexique maternité
- Quelles précautions prendre avant une grossesse ?
- Rôle des vitamines, oligoéléments, sels minéraux.
- Sources alimentaires de ces mêmes vitamines...
- Question : comment vous est venu votre désir d'enfant ?

Page 9 :
- Zéro alcool pendant la grossesse
- Syndrome d'alcoolémie f½tale (suite)
- SAF suite (2)
- Pendant la grossesse, zéro tabac aussi !
- Les dangers de la fumée

Page 10 :
- Tabac et grossesse : une combinaison risquée
- "I killed the inocence" ~~ Récit d'un avortement forcé.
- Le rôle des annexes embryonnaires
- Destin des maternités précoces (étude)
- Repérages historiques

Page 11 :
- Réactions émotionnelles de l'adolescente enceinte
- Destin des enfants de mères adolescentes et aptitudes maternelles
- FAQ Posez vos questions !
- Les grossesses dites "à risque"
- Explications sur les maladies maternelles

Page 12 :
- Fonctionnement d'un foyer maternel
- Foyer maternel (suite)
- Foyer maternel (suite 2)
- Foyer maternel (suite 3)
- Réponses aux commentaires anonymes laissés sur l'article "Mon parcours personnel"

Page 13 :
- Surveillance de la grossesse : L'échographie
- Maternité précoce vue par Doctissimo
- Profils psychologiques des adolescentes enceintes
- Fantasme de grossesse
- Automutilations et maternité précoce

Page 14 :
- Le périnée : attention fragile !
- Sexualité à l'adolescence et éducation sexuelle
- Préparez vous à l'accouchement
- Les autres préparations à l'accouchement
- Le déroulement de la grossesse à l'adolescence

Page 15 :
- Complications obstétricales
- Accouchement de l'adolescente
- La grossesse extra-utérine
- La parentalité à l'adolescence
- S'occuper de son corps pendant la grossesse

Page 16 :
- Les obligations administratives
- La grossesse nerveuse
- Surveillance de la grossesse : les autres méthodes
- Etude maternité adolescente
- Témoignage : vivre une fausse couche à 16 ans

Page 17 :
- Explications sur la fausse couche.
- La sexualité pendant et après la grossesse
- La contraception
- Annoncer sa grossesse
- Témoignages sur les réactions de l'entourage lors de l'annonce de la grossesse

Page 18 :
- La place des grands-parents
- Attendre seule un enfant.
- Grossesse gémellaire
- Grossesse gémellaire (suite)
- Grossesse gémellaire (suite 2)

Page 19 :
- Bibliographie (jumeaux)
- Du désir de grossesse au désir d'enfant
- Témoignage d'Audrey, 17 ans
- Les risques liés à l'I.V.G.
- Les risques liés à l'accouchement

Page 20 :
- Critère d'âge et grossesse à risque
- L'allaitement maternel
- L'allaitement artificiel
- Le SIDA (1ère partie)
- Le SIDA (2ème partie)

Page 21 :
- Les MST
- En couple dès l'adolescence ?
- Droits et avantages sociaux
- Droits et avantages sociaux (suite)
- Informations sur les règles
- Informations sur les règles (suite)

Page 22 :
- Vouloir un deuxième enfant
- Allô Parents Bébé, une ligne à l'écoute des parents
- Bibliographie : "L'année de mes 15 ans"
- Évolution de la grossesse mois par mois (1) -- 4 sa --
- Évolution de la grossesse mois par mois (2) -- 9 sa --

Page 23 :
- Évolution de la grossesse mois par mois (3) -- 12 sa --
- Évolution de la grossesse mois par mois (4) -- 16 sa --
- Évolution de la grossesse mois par mois (5) -- 20 sa --
- Évolution de la grossesse mois par mois (6) -- 24 sa --
- Évolution de la grossesse mois par mois (7) -- 28 sa --

Page 24 :
- Évolution de la grossesse mois par mois (8) -- 32 sa --
- Évolution de la grossesse mois par mois (9) -- 36 sa --
- Évolution de la grossesse mois par mois (10) -- 38 sa --
- Le rôle du père, chapitre 1
- Le rôle du père, chapitre 2
- Taux de fécondité adolescente dans le monde

Page 25 :
- Questionnaire
- Bibliographie : Adomamans
- Étudiante et maman
- Étudiante et maman, quelles aides ?
- Heureusement, des spécialistes ont tout compris !

Page 26 :
- Parce que je ne suis pas inculte (infos sur lesdits spécialistes)
- Bibliographie : grossesses adolescentes
- La prématurité
- L'enfant prématuré
- La fausse couche tardive

Page 27 :
- Grossesse précoce et prématurité
- La procédure de recherche en paternité
- Quand le bébé devient enfant
- Combattre les mariages forcés
- Petit mémo suivi de grossesse

# Posté le samedi 08 mars 2008 06:02

Modifié le samedi 10 octobre 2009 18:50

Mon parcours personnel

Mon parcours personnel
Quand le test est devenu positif ce jour là, j'étais folle de joie. Folle de joie parce que je portais une petite vie en moi, parce que je désirais ce bébé plus que tout, parce que j'étais enceinte d'un homme que j'aimais très fort.... et puis aussi parce que je savais que ce bébé me permettrait de partir de chez ma mère. En effet, j'étais en conflit permanent avec ma mère et je ne savais plus quoi faire pour m'en sortir... Je pense que j'étais en pleine crise d'adolescence mais sans vouloir faire son procès, je pense également qu'elle avait de nombreux tords...
J'ai donc arrêté ma pilule début mars 2004. Je suis tombée enceinte le 22 mars 2004. Mon test a viré au positif le 04 avril 2004 et la prise de sang qui a confirmé ma grossesse a été effectuée le 22 avril 2004, à la demande de ma mère. Je n'ai donc pas du tout cacher ma grossesse à ma mère. Bien au contraire, quand j'ai été sûre de ma grossesse, je me suis empressée de quitter la maison, comme elle me le demandait. Je me suis installée avec le futur papa, mais ce bonheur fut de très courte durée puisque la police est venu me chercher pour me ramener chez ma mère ! En effet, après m'avoir chassée de chez elle, ma mère a appelé les flics pour une fugue !! J'étais en colère après elle et j'ai demandé à ne plus jamais la revoir. Les flics nous ont alors orientées vers le service de l'Aide Sociale à l'Enfance. Là, les éducatrices nous ont écoutées et après avoir hésité (car les placements se font rarement dans l'urgence), elles ont accepté de me placer dans une famille d'accueil par le biais d'un organisme d'accueil temporaire. Je suis restée deux semaines dans ma famille d'accueil. C'était très dur là bas parce que je me rendais compte de tout ce que j'allais devoir affronter, de tout ce que je m'apprêtais à perdre, à quitter. Je me rendais compte que ma mère n'étais plus à mes côtés, même si j'ignorais encore qu'elle ne reviendrait plus du tout...


Au bout de deux semaines, mes parents furent convoqués à l'Aide Sociale à l'Enfance (ASE) pour signer un contrat d'accueil temporaire. Leurs signatures attestaient qu'ils laissaient leur fille entre les mains des services sociaux pendant une durée déterminée (à renouveler). Ma mère était très en colère après moi, mais aussi après les services sociaux. En effet, ma grossesse avançait et le terme légale pour l'avortement se rapprochait à grands pas... Ma mère voulait à tout prix que j'avorte et le fait que les services sociaux ne me forcent pas à le faire la mettait très en colère. Mon père quant à lui avait toujours été très lointain (mes parents ayant divorcés alors que j'avais 5 ans et demi) et là, je crois qu'il avait tout de même du mal à réaliser que j'étais enceinte et que j'allais tracer mon chemin en tant que femme et non plus en tant que petite fille... Au moment de partir de l'ASE, mon père fondit en larmes et moi avec. Ma mère, elle, avait filé le plus vite possible des locaux de l'ASE. C'est à ce moment que je demandais pardon à mon père... pardon parce que je voyais tout le mal que je lui faisais, pardon parce qu'il n'en était pas la cause, pardon parce qu'il ne m'a jamais fait tout ce que ma mère m'a fait....
C'est alors que je fus accueillie au SAU (Service d'Accueil d'Urgence). Le SAU était une structure dans laquelle il y avait un foyer, mais aussi des familles d'accueil. En raison de ma grossesse, je fus accueillie chez une famille. La dame qui m'accueillie était une femme qui élevait ses deux filles toute seule. Je ne me sentis pas du tout à l'aise chez elle. Elle passait son temps dehors ou enfermée dans sa chambre. Ce n'était pas un travail qu'elle faisait par vocation, mais plus pour gagner de l'argent... C'était difficile de se sentir chez soi. Je n'avais pas le droit de prendre une douche tous les jours, pour économiser l'eau, alors qu'elle prenait parfois plusieurs douches par jours. Sa fille aînée était charmante avec moi, mais sa petite (qui avait 6-7 ans) était odieuse. Je commençait à sérieusement déprimer dans cette famille et je crois que les éducateurs l'ont senti parce que dès la fin des cours, ils m'ont mise dans une famille, certe plus éloignée de Paris, mais aussi beaucoup plus accueillante et chaleureuse.


Je dois avouer cependant que quand je suis arrivée dans cette nouvelle famille, j'ai eu beaucoup de mal. Je ne me sentais vraiment pas bien, pas à ma place, trop loin de l'homme que j'aimais, trop loin de tout ce que je connaissais. J'avais le sentiment d'avoir perdu tous mes points de repères. J'arrivais en juin 2004 dans cette famille d'accueil et ne les quittais qu'en novembre 2004. Après un petit temps d'adaptation, je me rendis compte à quel point les membres de cette famille étaient gentils. Je fis la connaissance d'une jeune fille charmante avec qui j'ai noué des liens d'amitié solides. Aujourd'hui encore, on s'appel de temps en temps, on s'envoit une ou deux lettres ou on se voit sur msn quand elle a accès à internet. Je pus passer une grossesse vraiment tranquille chez eux. Même si je dois avouer que par moment, le fait d'être séparée de mon homme était difficile à supporter. Quant à mon homme, justement, il enchainait les petits boulots, mais il n'avait jamais rien de suffisant pour pouvoir s'installer dans un appartement à lui. Ma grossesse se déroula sans encombre. Mis à part au 5ème mois, on m'annonça que mon bébé (un petit garçon) avait un retard de croissance. Mais il rattrappa très vite son retard et tout rentra dans l'ordre.

Au mois d'octobre 2004, les éducateurs du SAU me présentèrent deux foyers maternels. Je fis 8 jours d'essai dans l'un d'eux et ne fit qu'une simple visite dans le deuxième. Je n'étais convaincue par aucun des deux mais je dû quand même me résigner à entrer dans l'un des deux et je choisis le premier. Les éducateurs usèrent de méthodes peu scrupuleuses pour me faire entrer dans ce foyer. Arriva donc le mois de Novembre. A 1 mois de mon terme, j'entrais dans ce fameux foyer. C'était le 23 novembre 2004, il était 11h quand j'arrivais dans le foyer où je mettrais au monde mon fils. Je dois avouer que les premiers temps au foyer ressemblèrent à l'enfer sur Terre. Mais comme certains sauront si bien me le rappeler, j'avais choisi de tomber enceinte et de garder mon bébé. Je « méritais » donc toutes ces souffrances.

Le 5 décembre 2004, à 23h, je perdais les eaux. J'étais à 3 semaines de mon terme mais il n'y avait aucun danger pour le bébé de naître maintenant. Je me rendis donc à la maternité, accompagnée par une éducatrice. Le papa fut prévenu et il put arriver sur les lieux rapidement, grâce à sa soeur. A l'hôpital, le travail de l'accouchement dura 16 heures. Les contractions commencèrent vers 23h30 et mon bébé naquit à 15h30, le 6 décembre 2004. Quand je vis mon petit garçon pour la première fois, je me rendis compte à quel point tout ce que j'avais enduré était rien comparé au bonheur d'avoir ce bébé dans mes bras maintenant. Je compris soudain l'amour qu'une maman peut ressentir pour son bébé... Quand j'eus mon fils dans mes bras, je compris soudain les larmes de ma mère et aussi sa colère... Le lendemain de mon accouchement, j'appelais ma mère pour le lui annoncer.

Mon fils et moi, nous restâmes au foyer pendant 1 an et demi. Je pus l'allaiter pendant 3 mois et malgré tout ce que m'avaient prédit comme malheurs les mauvaises langues, je pus tisser des liens solides avec mon fiston. Mon père fut présent d'un bout à l'autre et ma mère revint un peu vers moi après de multiples efforts. Les mois passés au foyer furent difficiles et (à mon sens) largement inutiles. J'avais réussi à m'inscrire dans un lycée parisien mais les éducateurs m'avaient interdit de m'y rendre pour « préserver le lien avec mon fils ». En effet, mes journée de lycée étaient assez longues avec les transports et je devais le laisser à la crèche. Une éducatrice me dit même un jour « il fallait choisir entre études et bébé »... Après avoir choisi mon fils, sans avoir été informée du fait que je ne pourrais jamais plus reprendre mes études (et oui on est naïf à cet âge, il faut l'admettre un minimum ;-) ), j'apprenais que le choix devait être fait, mais comment faire un choix quand on a pas toutes les parties du contrat ? Je dû donc prendre une autre voie. Je décidais de devenir auxiliaire de santé animale par le biais d'un institut privé de cours par correspondance. Je me mis en quête de stages et j'en effectuais trois pour cet institut. Me frotter ainsi au monde du travail m'avait, je dois le dire, bien plu. Mais faire des stages étant la chose la plus facile (et pas la plus payante), ma recherche d'emploi ne rencontra pas un franc succès. Le seul entretien d'embauche que je décrochais, je ne pus m'y rendre car trop loin (dixit les éducateurs) de mon lieu de vie. J'ai donc passé 17 mois en foyer maternel... 17 mois, 3 stages, 1 formation qui n'a rien donné, 1 entretien d'embauche. Quand j'ai eu 18 ans, j'étais aussi démunie face à la vie que le jour où je suis rentrée dans ce foyer, à 16 ans et demi. Mon ami, le père de mon fils, s'était battu corps et âme pour dénicher un emploi. Pendant 4 mois, il avait travaillé dans une enseigne de téléphonie mobile, mais s'était fait licencié pour quelqu'un de plus qualifié. Là encore, on l'avait poussé à trouver quelque chose de stable pour assumer sa famille sans envisager la possibilité qu'il fasse d'abord une formation qualifiante. Quand nous sommes partis du foyer, nous sommes partis de rien ... est-ce normal ? Est-ce là le travail des éducateurs ? Nous sommes partis de Paris, nous avons tout quitter pour recommencer ailleurs ce que nous avions pu trouver à Paris. Entre temps, je suis retombée enceinte... Et oui, quand on commence à fonder une famille, c'est dur de s'arrêter. Je me suis rendue compte que seule ma grossesse et la naissance de mon fils m'avait donné satisfaction durant les deux dernières années. Mon rêve de revivre une naissance pouvait se réaliser sans changer énormément mon avenir déjà ruiné à néant par ma première grossesse. Mon deuxième enfant naquit en Auvergne où nous étions allés. Là bas, nous avions réussi à obtenir un logement, un semblant de travail (mon mari fit plusieurs missions intérimaires, une formation d'insertion professionnelle avec stages et un CDD de 3 mois). Mais voilà... aujourd'hui, nous avons deux enfants âgés de 3 ans et 16 mois. Nous touchons le RMI tous les mois un peu moins parce que mon mari travail en intérim. Nous n'arrivons à trouver mieux que l'intérim, nous prions le ciel tous les jours pour ne plus jamais avoir à toucher le RMI... Mon mari n'a pas de diplôme, étant en échec scolaire depuis son plus jeune âge... il n'a pas de formation qualifiante... il n'a qu'une expérience professionnelle très inégale et ne trouve pas d'emploi stable...

Je voudrais souligner par ce témoignage que je suis tombée enceinte à 16 ans, un âge où on n'est pas majeur légalement, donc pas considérés comme totalement responsables de nos actes. J'ai été placée à 5 semaines de grossesse avec presque un encouragement pour garder l'enfant de la part des services sociaux (attention, je ne dis pas que c'est de leur faute, il était impensable pour moi à l'époque d'envisager une seconde l'avortement). Mais ils m'ont tout de même promis que je pourrais continuer les cours, que je parviendrais à obtenir mon bac, à faire des études... J'ai passé 17 mois en foyer maternel, 17 mois qui n'ont servis à rien. J'ai été une assistée depuis le premier jour de ma grossesse et aujourd'hui que mon fils a 3 ans, je suis toujours une assistée et ça n'a pas l'air d'être tellement la fin... Ma réflexion est la suivante : ne condamne-t-on pas une société toute entière quand on refuse d'aider nos enfants lorsqu'ils font des bêtises ? N'y a-t-il pas un deséquilibre entre une majorité légale à 18 ans et une obligation d'assumer des choix immatures avant la majorité de l'enfant ? S'il est vrai qu'il faut une aide psycho-sociale à ces jeunes parents, il leur faut également une aide éducative... Toute aide psychologique ne les aidera pas longtemps s'ils restent dans la misère du fait d'un manque d'éducation et de qualifications pour trouver un emploi.

Edit du 3 décembre 2008 : Suite aux commentaires de certaines personnes qui viennent me juger, je me décide enfin à modifier ce qui doit l'être dans mon parcours personnel. J'ai écrit tout cela il y a un moment déjà et depuis, des choses ont changées. Pour tout ceux qui croient que les gens comme nous restent toute leur vie des cas sociaux, voici de quoi leur clouer le bec : actuellement, mon mari travaille et moi également. Mon mari a un boulot qui n'est pas aussi stable qu'on le voudrait mais ça suffit pour le moment et moi je suis en cdi. Nos enfants ayant 2 ans et 4 ans maintenant, je suis plus libre pour travailler. Nous ne touchons pas de RMI, ni aucun minima social. Nous n'avons pas fait nos enfants en pensant à toutes les conséquences, certes. Peut-être qu'à la base, c'était de l'inconscience mais l'essentiel est qu'on ait réussi à assumer nos actes. J'avais créé ce blog pour mettre fin aux mauvais jugements et je m'aperçois finalement que tout le monde pense que son petit chemin, ses petits choix sont toujours meilleurs que les autres. Ce qui est amusant finalement, c'est que ce sont souvent de jeunes mamans qui me jugent... comme quoi, les plus intolérants ne sont pas toujours ceux qu'on croit !

Edit du 17 octobre 2009 :
Pour ajouter à ma dernière réédition, je tiens à signaler que j'ai décider de reprendre mes études. Mes enfants ont maintenant 3 ans et 5 ans, donc ils vont tous les deux à l'école et ça me permet d'avoir mes journées libres. Je rentre donc à l'université le 19 octobre 2009, soit lundi qui arrive. Je vais passer un DAEU (diplôme d'accès aux études universitaires), équivalent du bac. C'est une chance inespérée pour moi qui me suis arrêtée en seconde. J'espère vraiment y parvenir et si c'est le cas, j'aurais alors à nouveau mon avenir devant moi. Par la suite, j'essaierais de continuer pour passer au moins une licence. J'aimerais tenter la fac de médecine, mais je suis pas sûre de pouvoir. Si la fac de médecine est impossible, j'aimerais être éducatrice spécialisée mais j'ai peur qu'il n'y ai pas beaucoup d'emploi dans la région alors je ferais peut-être une école de commerce. A toutes celles qui sont comme moi : qui ont un combat à gagner, ne lâchez pas prise ! Ayez la gnac et tout finit par arriver, même les rêves les plus fous !! Je n'aurais jamais cru pouvoir aller à l'université et c'est ce que je vais pourtant faire, dès lundi, je serais sur le campus des Cézeaux à Clermont ! Courage à toutes ! Et comme disait Jean-Jacques Goldman : "A coup de livres, je franchirais tous ces murs !"

# Posté le samedi 08 mars 2008 06:09

Modifié le samedi 17 octobre 2009 16:43

Une mère adolescente, qu'est ce que c'est ?

Une mère adolescente, qu'est ce que c'est ?
Définition donnée par wikipédia :

Une mère adolescente se dit d'une femme attendant ou ayant un enfant alors qu'elle n'a pas atteint la majorité. Le concept lui-même est flou, mais une appellation utilisée au Québec est "une jeune femme qui a donné naissance à un enfant et a choisi de l'élever avant d'avoir atteint l'âge de dix-huit ans." Selon l'âge de la majorité civile, les définitions varient selon les pays.


Ceci est la définition la plus claire qu'on puisse trouver sur ce qu'est une mère adolescente. Cela dit, il faut bien voir que beaucoup de personnes estiment que les jeunes gens ayant atteint la majorité civile mais n'ayant pas les moyens matériels pour assumer un enfant sont considérés comme "parents adolescents" de part leur place particulière dans la société qui est souvent sensiblement la même que celle des parents non-majeures. Les centres maternels accueillant les mères adolescentes accueillent souvent les jeunes femmes jusqu'à 21 ans.

Selon le monde médical, la grossesse est estimée précoce jusqu'à environ 20 ans.

# Posté le samedi 08 mars 2008 16:00

Modifié le dimanche 09 mars 2008 09:30

Le désir d'enfant est-il présent à l'adolescence ?

Le désir d'enfant est-il présent à l'adolescence ?
Le désir d'enfant est quelque chose de subtil qui est présent en chaque femme. Il n'y a pas d'âge moyen pour que son apparition ai lieu. Les amours adolescentes sont bien souvent passionnées et parfois, le jeune couple pense sceller leur amour par un enfant. Ce désir peut venir tout à fait naturellement. Mais il peut aussi être une soupape à des problèmes d'entente familiale ou encore pour récupérer un amour perdu. L'adolescente qui tombe enceinte délibérément prend conscience que son corps marche. Parfois, la vérification s'arrête là et l'IVG apparaît alors comme une évidence (ce n'est d'ailleurs pas pour ça qu'elle est bien vécue). Mais dans certains cas (2500 par an en France), l'adolescente garde l'enfant pour diverses raisons. Le fait d'avoir un enfant permet à l'adolescente de s'élever au même rang que ses propres parents. Les conflits, les relations difficiles avec l'entourage, la recherche de personnalité de l'adolescente, l'envie de « grandir » plus vite, de prendre sa liberté, peuvent conduire l'adolescente à faire un bébé. Parfois même, il peut être significatif d'un manque affectif ou d'une instabilité quelconque.

S'il est vrai que le désir d'enfant est tout à fait naturel, le fait d'accomplir ce désir quand on n'a pas forcément les moyens matériels et affectifs pour accueillir un enfant est autre chose. Tomber enceinte va procurer à l'adolescente des sensations particulières. C'est un projet facile à accomplir à première vue puisqu'il n'y qu'à laisser faire la nature... La grossesse peut lui permettre de fuir certaines choses comme une pression scolaire ou des conflits familiaux répétés. Souvent, ce désir permet à l'adolescente d'essayer d'accomplir la famille idéale qu'elle a pu s'imaginer ou qu'elle a vécu.

Ce désir, qu'il soit conscient ou pas n'est pas mûrit. Du moins pas assez ! Il s'impose violemment et est parfois douloureux. Il est assez étonnant de voir combien il est important de faire un bébé « tout de suite, là, maintenant » pour ces adolescentes. Le fait de tomber enceinte peut être une façon de se « soulager » de ce désir mordant qui cache derrière bien d'autres souffrances qui resteront en attente pendant la grossesse. L'envie de se retrouver au milieu de toutes les attentions, de bénéficier de tous les soins donnés aux femmes enceintes peut aussi faire naître un désir de grossesse. Pour certaines jeunes femmes issues de classes sociales défavorisées, devenir mère est comme prendre une revanche sur la vie. Le plus souvent, elles deviennent mères comme pour balayer tous les échecs et les difficultés qu'elles ont pu rencontrer.

Mais il arrive aussi que le désir ne cesse pas. L'adolescente, après avoir mis au monde un premier bébé, va avoir le désir de mettre au monde un deuxième bébé plus ou moins rapidement. Parfois, les enfants ne vont avoir qu'un an d'écart. C'est ainsi que certaines jeunes femmes accomplissent ce que les spécialistes appellent la multiparité tôt réalisée. C'est-à-dire avoir plusieurs enfants avant 20 ans. Cette multiparité présente des inconvénients majeures pour la jeune femme qui la vit. Des inconvénients physiques et psychiques. En effet, la jeune mère ne prend pas le temps d'éduquer et de construire un lien solide avec son premier enfant, elle n'a pas le temps de se rendre compte que l'éducation n'est pas facile et retombe enceinte pendant que le premier est encore un bébé. Si la jeune maman n'est pas correctement entourée, certaines dérives peuvent se produire : négligences, débordement (la jeune femme ne parvient plus à tout gérer), maltraitance... Bien sûr, tous les parents maltraitants ne sont pas adolescents et des femmes d'âge plus mûrs peuvent rencontrer des problèmes de ce type. Mais il faut savoir qu'une jeune mère peu mature et peu expérimentée aura plus de « chances » d'avoir du mal à affronter le quotidien avec plusieurs enfants, surtout si ceux-ci sont en bas âge. Le manque d'entourage de la jeune mère peut aussi s'ajouter à toutes les difficultés déjà présentes. On observe que les jeunes femmes qui font beaucoup d'enfants ne sont pas toujours celles qui s'en sortent le mieux, remettant toujours à plus tard leurs projets personnels et leur insertion professionnelle.

La maternité précoce peut se traduire aussi par un désir inavoué d'être mère au foyer. La jeune femme n'a pas envie de faire de longues études et préfère commencer tout de suite à faire ses enfants de façon à ce qu'il ne lui reste plus d'autre opportunité à part celle de continuer à être mère. Encore une fois, ces jeunes femmes sont le plus souvent mères de famille nombreuse et vivent, pour beaucoup, des aides sociales. La scolarité étant abandonnée, le projet professionnel jamais vraiment réfléchis, la jeune mère va rester dans son rôle de mère au foyer.

Conclusion :
Le désir d'enfant est existant à l'adolescence. Même si certaines grossesse sont le résultat d'accidents de parcours, d'autres sont désirées. Ce désir, bien qu'existant, n'est pas mûrit, il est plus souvent brutal et ne correspond pas à une maturité, ni à une stabilité pourtant essentielles dans le projet de maternité. Je pense qu'il serait un peu simplet de dire que les adolescentes qui satisfont leur désir de maternité aussi précocement le font par « crise d'adolescence » ou « opposition ». Même s'il est vrai que la plupart du temps, les conflits familiaux sont en jeux. Il y a d'autres facteurs à prendre en compte. L'enfance de la jeune femme peut avoir été décevante pour elle et elle cherche à combler un manque affectif. La recherche de sensations, la fuite en avant pour éviter la pression scolaire, la recherche d'attention, tout ceci constitue les « raisons » qui poussent une jeune femme à tomber enceinte. Le désir, même s'il est mal inspirer est tout de même présent.


Post-conclusion :
Cela dit, il faut bien distinguer désir d'enfant et désir de grossesse. Les deux sont souvent bien différent et mène à différentes attitudes. Le désir d'enfant est un désir profond d'avoir un bébé, un enfant à élever, de l'amour à donner et à recevoir... Même si souvent ce tableau est imaginé de manière idyllique par les jeunes femmes, il est quand même rêvé pour ce qu'il est : un enfant à s'occuper.
Par contre, certaines jeunes femmes n'ont qu'un désir de grossesse. C'est-à-dire qu'elles sont à la recherche des sensations uniques que peut procurer la grossesse, le fait de sentir le bébé bouger, le fait de voir les échographies, même le fait d'accoucher. Ce désir est plus subtil et difficile à déceler. En outre, ces jeunes femmes ont plus de mal à se préparer à « l'après ». Une fois que le bébé est là, elles se retrouvent un peu démunies et il est peut-être plus difficile pour elles de faire face aux contraintes de la vie avec un enfant.

# Posté le dimanche 09 mars 2008 09:34